L'aventure de Jean-Pierre CHEREL a débuté en 1986; dans le Puy de Dôme.
Cette année-là, il découvre le tournage sur bois.
C'est la manipulation d'un simple pied de lampe tourné qui lui fait entrevoir un monde de création, un monde de diversité avec des bois d'origines et de textures diverses.
Devant lui s'entrouvre un univers créatif limité uniquement par le savoir-faire en devenir, l'inspiration que procure une géographie nouvelle.
Des noms comme le Sapelli, l'Okoumé, l'Iroko, le Sipo, le Wengé évoquent les terres d'Afrique, tandis que l'Amarante, l'Andira, le Cédro, le Cumaru, l'Ipé, l'Itauba, ou le Marupa viendront exalter les richesses boisées de l'Amérique du Sud et que l'Asie mettra en valeur des noms tels que le Bankirai, l'Hevea,le Menkulang, le Méranti, le Ramin, ou le Teck.
C'est l'émerveillement des débuts, vite tempéré par le nécessaire apprentissage des bons gestes.
Ce qui pourrait être une belle histoire, la rencontre idyllique d'un artisan-créateur avec un matériau révélateur de talent se heurte toutefois à la dure réalité.
A dire vrai, les débuts sont lents, hésitants et peu concluants
En effet, autodidacte, Jean-Pierre passe de longues heures sur son tour sans parvenir à concrétiser ses objectifs.
C'est comme si le bois se refusait à livrer ses secrets, résistait à la transformation au tour que Jean-Pierre voudrait lui imposer.
Après une confrontation exaltante avec le matériau bois et le sentiment de pouvoir, par son truchement, exprimer son désir de création, c'est un coup rude pour le moral.
Il faut contraindre l'adversaire, comprendre sa résistance, interpréter son inertie, le travailler au corps en respectant son essence même.
Il faut pour cela analyser sans cesse, reconnaître ses erreurs et s'imposer à lui par une volonté sans faille et un travail acharné.
Une bataille s'engage alors entre le bois, matériau inerte - source de création et de beauté potentielles - et le moral du Tourneur, débutant mais volontaire.
Il faudra une rencontre décisive pour sceller définitivement le destin de cet artisan néophyte et verrouiller sa volonté sur les créations de bois tourné.
C'est un artisan, tourneur retraité qui lui enseignera les rudiments du tournage sur bois.
Dès lors, le monde du bois tourné fait plus que s'entrouvrir.
Cet homme sera son passeur de monde.
Certes, passion, travail et persévérance s'imposeront comme des impératifs de vie.
Cela s'avèrera nécessaire pour apprivoiser petit à petit l'animal rétif que semblait former le duo du tour à bois et du matériau lui-même.
Mais l'enjeu était d'importance.
Enjeu d'une vie, concrétisation d'une passion.
Aujourd'hui dompté, le tour est une extension de lui-même.
Les longues heures de cohabitation avec cet outil en ont fait un artisan chevronné et ont façonné son savoir sur l'univers du bois.
Une seconde rencontre sera décisive dans le cheminement professionnel de Jean-Pierre.
La découverte du Village d'Arts de La Gacilly, fruit de la passion d'un homme, Yves Rocher, lequel sur sa commune a favorisé très tôt l'implantation d'artisans.
La production s'est peu à peu étoffée, le travail de Jean-Pierre CHEREL a commencé à porter ses fruits.
Au fil des ans, par sa tenacité, sa créativité, il s'est imposé parmi les fabricants de jeux en bois tourné.
Fidèle à son statut d'artisan, le tourneur sur bois fabrique une production de base, qu'il maîtrise à la perfection
Cependant, il sait donner corps aussi à des pièces uniques
Quoi qu'il en soit, les objets décoratifs en bois ou les jeux en bois de l'Atelier du bois tourné mettent en exergue son savoir-faire et son désir de perfection.
Ainsi les jeux de stratégie en bois tels le jeu de Toc
, le boulier
ou les jeux de bois 3D comme les Tours de Hanoi
ou le le Mikabille
s'inscrivent-ils dans cette démarche d'évolution permanente et de recherche de finition exemplaire.
Il est vrai que très tôt il a pris conscience d'un fait d'importance : seuls une recherche active dans son domaine et un travail personnel d'importance fourni dans son domaine, pourraient lui permettre d'évoluer et de progresser.
Tout au long de son parcours, il a érigé le travail comme règle de vie, l'innovation comme défi créateur de son activité.
Concepteur d'objets décoratifs en bois tourné, créateur de jeux de société, il a su dominer les contraintes du bois, les impératifs d'approvisionnement ou de coûts, accompagner les modes pour promouvoir son univers de création, son goût du jeu, son appétit de beauté, son inclination pour la rondeur.